Ils ont beau être un moyen de communication important et un vecteur de visibilité, ils peuvent rapidement devenir un frein à la créativité. Les réseaux sociaux ne m’ont pas aidée à retrouver ma voie photographique. Il y avait un moment où, plus je les consultais, plus je perdais confiance. J’en ai été absente plusieurs mois avant d’y revenir, sauf qu’à nouveau, leur utilisation m’a bloquée. Je vous explique donc pourquoi il est essentiel pour moi de m’en détacher.

Les réseaux sociaux sont nocifs pour moi

La principale conséquence d’Instagram est la perte de confiance en mon travail. Cela se traduit par une insatisfaction grandissante qui m’amène le plus souvent, à me perdre, douter et au final, abandonner. En réfléchissant, j’ai trouvé trois raisons qui me conduisent à cette situation.

Le fort besoin de s’intégrer

Difficile de débarquer sur les réseaux sociaux et se faire connaître (et reconnaître) dans la catégorie choisie. Bien sûr, il y a des moyens plus ou moins gratuits ou « honnêtes » d’augmenter son nombre d’abonnés. Sauf que je n’ai pas envie de les utiliser car je ne partage pas ces valeurs-là. Je préfère faire les choses plus en douceur en partageant, en communiquant avec les autres. Mais parfois, ce n’est pas évident et cela ne suffit pas. Or, j’ai toujours été comme ça, j’ai toujours ressenti le besoin de m’intégrer pour me sentir bien. Ne pas y arriver est forcément frustrant.

Chez les comptes de photographes, il est clair qu’il y a plusieurs groupes et faire parti de l’un d’entre eux est… impossible. Malgré les efforts de discuter avec certains, de commenter leurs photos, il n’y a que très peu de retours. Rares sont ceux qui répondent et entament une conversation. Rares sont ceux qui finissent par venir sur mon compte pour découvrir à leur tour mes photos. Cette situation me démotive très vite.

J’ai tout de même fait une belle rencontre sur Instagram (Hien si tu passes par là, je parle bien de toi, hein) et j’espère en faire d’autres par la suite, quand je redeviendrai plus active.

Rares retours sur investissement

En dehors de mon emploi, prendre des photos pendant mon temps libre, les trier, les choisir et enfin, les partager est très chronophage. Je ne l’apprends à personne. Vouloir montrer son travail puis avoir des retours (vues, likes et commentaires par exemple) n’est pas mauvais en soi. Mais la façon dont je le vis me ronge rapidement au quotidien. Car oui, après tout le temps consacré à mes passions et malgré tous mes efforts, je n’en obtiens que très peu de retours. L’objectif n’est pas d’être une star internationale dans le monde de la photographie, mais juste de recevoir des avis sur mon travail. A force, cela devient pesant pour moi et augmente ma frustration et mon insatisfaction.

Jalouse à cause des réseaux sociaux

Dans le livre « Vers la lumière », dont je vous parlais dans un autre article, il y a un chapitre entier d’introspection pendant laquelle, j’ai répondu à la question « Suis-je jalouse ? ». Clairement et honnêtement, oui. Sur les réseaux sociaux, je vois toutes ces photos qui intéressent et ont du succès, alors que les miennes, ne sont pas très visibles. C’est à ce moment-là uniquement où je ressens un sentiment de jalousie, même si je suis contente pour l’autre personne (je ne suis pas méchante, hein). L’instant suivant, c’est le mal-être qui s’installe envers mes propres oeuvres, les doutes reviennent et je me dis que mes images ne sont pas considérées comme assez bien. Forcément, je deviens facilement insatisfaite et frustrée de mon travail.

S’en détacher pour souffler et se retrouver

Toutes ces situations sont un poison pour ma créativité et je suis totalement consciente que je dois bannir la jalousie, mais aussi arrêter de vouloir absolument être intégrée et reconnue par mes paires. Pour ces raisons, j’ai décidé de moins utiliser les réseaux sociaux, les consulter de manière raisonnée et ne partager uniquement lorsque j’en ai envie et que cela me fait plaisir. L’objectif reste de garder un contact avec mon audience et la développer pour être un tant soit peu visible. En attendant, cela me permet de me focaliser sur mes photos plutôt que celles des autres et donc, reprendre confiance en moi.

Il y a deux semaines, je disais que j’arrête de me prendre la tête et ma présence sur les réseaux en fait également partie. Il faut que j’y sois mais que je m’en serve plus intelligemment. Plus tard, lorsque je serai de nouveau satisfaite de mes images, et beaucoup plus confiante en moi, mon blog et mon travail, je redeviendrai plus active. A ce moment-là, je pense que je pourrai enfin nouer de nouvelles amitiés avec d’autres photographes, et surtout, être plus suivie par les personnes avec qui je parle et chez qui je laisse des commentaires. En effet, lorsque je serai certaine que ce que je partage me ressemble, je suis sûre que les autres le percevront et cela leur donnera plus envie de me découvrir et de rester actifs sur mes réseaux sociaux.


Pour conclure, pour l’instant, j’ai besoin d’être moins active sur mes comptes Instagram ou FaceBook dans le but de reprendre confiance en moi et mon travail. Cette période va me permettre aussi de me débarrasser de toutes les sensations négatives et nocives pour moi et ma créativité, et d’apprendre à ne plus jamais les ressentir. Je vais souffler et revenir en pleine forme. Et avec cet article, j’invite tous ceux qui se trouveraient dans la même situation à s’éloigner des réseaux sociaux et des mauvais pouvoirs qu’ils peuvent avoir sur nous.