L’odeur du printemps flottait dans l’air. Elle le huma et apprécia sa fraîcheur qui annonçait les beaux jours. Cela lui donna le sourire. Mais il y avait plus que ça dans ce geste. Ce « ça », augmentait le bonheur ressenti en ce moment si particulier. Elle savait qu’elle était enfin à l’endroit qui l’avait tant fait rêver de nombreuses années. Depuis l’adolescence, elle avait développé un fort intérêt pour ce pays aux milles paysages et à la culture passionnante. Elle se permit d’ouvrir les yeux pour observer le parc dans lequel elle se baladait. Elle s’était arrêtée près d’un arbre pour profiter de sa force, de son énergie et de la vie qui y reprenait. Et ce n’était pas n’importe quel arbre : c’était un Sakura. La floraison avait débuté plusieurs jours plus tôt et les fleurs ornaient les branches, sublimant magnifiquement l’arbre mais également le parc. Cette couleur rose à la fois pâle des pétales et vive de l’ensemble que cela formait, offrait un spectacle sans précédent, pour le grand bonheur des touristes, sans oublier des locaux en premier lieu. Elle appuya sur la détente plusieurs fois pour en garder de beaux souvenirs dans un carnet de voyage futur.

Au loin, elle aperçut un petit groupe de quatre personnes, parmi lequel se trouvait un photographe et trois jeunes femmes habillées dans le costume traditionnel. Elles se prenaient au jeu lors de cette séance de shooting, avec beaucoup de sérieux. Elle aima à penser à une future mariée venue immortaliser l’instant dans son plus beau apparat. Elles dégageaient une aura qui la captiva. Elle s’en approcha, son propre appareil photo dans les mains. Quand elle arriva près d’eux, ce fut au tour d’une jeune femme très ravissante de prendre place sur le muret de la fontaine. Elle s’y assit et immédiatement, ses acolytes se pressèrent vers elle pour la repoudrer et perfectionner sa coiffure, ainsi que son yukata. Coloré à souhait, flashy, rappelant le rose des Sakura, celui-ci possédait de belles fleurs rouges sur les côtés. Elle fut tout de suite séduite et ne put s’empêcher, comme tous les autres autour, de la photographier à son tour. Timide, elle qui n’était pas confortable avec la photographie de rue ou des autres personnes, elle essaya au mieux de prendre une image digne de l’instant.

Le vent se leva soudainement, elle releva la tête vers le ciel. Le spectacle qui s’offrit à elle à cet instant, fut l’un des plus magnifique qu’elle vit. Les fleurs de cerisiers dansaient, volaient et enveloppaient les présents d’une douceur et d’un apaisement certains. L’instant suivant, elle baissa ses yeux et découvrit un paysage différent, qu’elle connaissait déjà. Elle mit plusieurs secondes à comprendre qu’elle se trouvait de nouveau en France, à Paris, dans les Jardins du Palais Royal. Comment était-elle arrivée là ? Juste avant, elle profitait d’un parc tokyoïte et de son ambiance zen. La panique l’envahit, elle regarda avec inquiétude tout autour d’elle. Tout avait disparu : le Japon, les femmes, le photographe, tout le monde, même les chats et les chiens. Tout était vide, elle était seule. Elle ne comprenait pas, mais ressentit une profonde tristesse lorsqu’elle se rendit compte que son rêve n’avait pas été exaucé. Elle n’avait finalement jamais foulé la terre japonaise comme elle se l’était imaginé.

Et tout ça, à cause du coronavirus


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